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Electricité : à gauche, Bernard Cazeneuve joue sa propre partition

Prudent sur le déploiement des énergies renouvelables et très favorable au nucléaire, l’ancien Premier ministre et potentiel candidat à la présidentielle porte une voix singulière à gauche.

Published Wednesday, 5 August 2026 at 04:04
PARIS — Entre ses interventions et interviews données à intervalles réguliers et sa récente lettre aux Français, Bernard Cazeneuve, pas encore officiellement candidat, avance ses pions petit à petit dans la campagne présidentielle. En matière d’énergie, notamment, l’ancien Premier ministre compte faire entendre une voix singulière à gauche. La décarbonation n’est “pas une option” pour celui qui, comme tous ses concurrents, érige la souveraineté énergétique en objectif prioritaire et pense qu’il faut électrifier la France pour résoudre le problème de surproduction d’électricité. Il défend une “économie décarbonée qui ne soit pas une écologie punitive”, décrypte son entourage. Sauf que Bernard Cazeneuve mise avant tout sur la filière nucléaire, et se montre nettement moins allant que ses concurrents de gauche sur le soutien aux énergies renouvelables, qui ne peuvent se développer qu’en complément de l’atome, selon lui. “Une rationalisation des investissements” dans les énergies renouvelables est nécessaire, écrit-il dans sa missive. A l’inverse, il y considère la “filière électronucléaire” comme un atout dans la décarbonation de l’économie. C’est pourquoi il encourage le renouvellement des centrales existantes et la poursuite du programme de relance de l’atome impulsé par Emmanuel Macron. Bernard Cazeneuve est aussi un partisan des réacteurs de nouvelle génération, à neutrons rapides, qui font fantasmer nombre de partisans du nucléaire. Ceux-ci pourraient être alimentés par du combustible MOX produit à partir des 340 000 tonnes d’uranium appauvri, issues de l’exploitation du parc nucléaire et actuellement entreposées en France. “C’est beau comme du [Bruno] Retailleau”, grince un parlementaire de gauche à la lecture de ses principales propositions. Celles-ci sont en effet plus proches de ce que prêche la droite que de ce que portent les autres candidats de gauche. “Le petit passage sur l’énergie nous va bien, mais c’est encore très court”, se félicite au contraire un lobbyiste de l’atome auprès de POLITICO au vu des premières propositions du prétendant — qu’il n’a pas encore rencontré. Un attachement historique à l’atome L’ex-maire de Cherbourg et député de la Manche connaît bien ces problématiques, notamment grâce à l’usine de retraitement implantée dans son ancienne circonscription, opérée par la Cogema, devenue une filiale d’Orano (ex-Areva). En 2011, il n’avait rejoint l’équipe de François Hollande pendant sa campagne victorieuse qu’à la condition que le candidat retire de son programme l’arrêt annoncé de la production de combustible MOX en France — suivant une recommandation d’Areva, son producteur. Dans la Sarthe fin juin, invité par son ancien collègue de gouvernement Stéphane Le Foll, actuel maire du Mans, à s’exprimer sur son programme en matière de nucléaire, l’ancien Premier ministre n’hésitait pas à critiquer La France insoumise et les Ecologistes qui se “trompent” en ne voulant pas faire comme lui. Surtout qu’il peut se prévaloir de sa constance sur la question, quand d’autres membres de son camp ont viré de bord. Lorsqu’il quittait le pouvoir en 2017, en même temps que François Hollande, la France était engagée dans une trajectoire de réduction de sa production d’électricité nucléaire (une décision qu’il ne cautionne pas), avec une planification à mettre en œuvre pour fermer des réacteurs. Mais depuis, l’heure est à la relance : le prolongement de la quasi-totalité des réacteurs est examiné par le gouvernement, et de nouveaux doivent voir le jour dans une dizaine d’années. Des conseillers pronucléaires Pour élaborer son programme, Bernard Cazeneuve peut compter sur les éclairages de Marc Fontecave, chimiste et professeur au Collège de France, ou de Louis Gallois, ancien dirigeant de plusieurs entreprises publiques, ont confirmé les intéressés à POLITICO — le second n’a pas souhaité entrer dans le détail “d’échanges privés”. Marc Fontecave, qui préside également le conseil scientifique d’EDF, se penche depuis plusieu

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